Le sentier de mémoire de la Cote 766

Considérées comme un front secondaire, les sommets des Vosges ont cependant été le théâtre d’affrontements sanglants pour la conquête des sommets. La Cote 766 (Chena Wald pour les Allemands), bien qu’objectif secondaire, n’échappera pas à la règle, car elle permet de contrôler les débouchés des ravins de la Parriée et de la Chaige). Aujourd’hui, un circuit de mémoire permet d’en parcourir les vestiges. Vous retrouverez ici les différents points de l’itinéraire, par ordre de visite.

1. Première ligne française

Cette tranchée, à peine visible dans la végétation, est un témoin de l’occupation française du secteur. A partir de septembre 1914, le front se fige et des réseaux de tranchées apparaissent de part et d’autre. Les troupes occupant le secteur sont aguerries à la guerre en montagne : 13ème, 22ème et 28ème BCA. Des affrontements violents vont avoir lieu les semaines suivantes pour la prise des points hauts. Côté allemand, la symbolique est tout autre puisque les combattants protègent la frontière du Reichsland.

Cliquez sur les images pour les agrandir

2. Première ligne allemande

Quelques dizaines de mètres plus loin se trouve la première ligne allemande. Contrairement aux positions françaises, l’usage du béton a été massif, ainsi que d’abris enterrés. L’objectif est que chaque soldat ait un abri a disposition dans un rayon de quelques dizaines de mètres pour se protéger. L’abri visible ici est un observatoire, qui était relié à un réseau souterrain par un puits situé sous son plancher aujourd’hui disparu (sauf une planche). Les troupes en secteur étaient les régiments de Landwehr n°71, 80 et 81 du général major Gynz von Rekowsky.

Cliquez sur les images pour les agrandir

3. Stèle des Bavarois

Ce monument se trouve à l’emplacement de l’ancien cimetière érigé à l’été 1915 par la 1ere compagnie du 12ème Bataillon d’Ersatz de Brigade Bavarois. La croix qui l’orne n’est pas la sculpture originelle mais une stèle retirée lors du regroupement des sépultures dans les années 1920. Les corps reposent dans la nécropole franco-allemande de Bertrimoutier et au cimetière de Montgoutte près de Sainte-Marie-aux-Mines.

Cliquez sur les images pour les agrandir

4. Abri-caverne

Afin d’abriter les soldats lors des bombardements, des abris cavernes sont creusés dans la roche. Ils sont reliés aux tranchées et résistent à la plupart des bombardements.

Sentier de mémoire de la Cote 766

Cliquez sur les images pour les agrandir

5. Infirmerie

Aujourd’hui effondré, ce poste de secours recueillait les blessés des premières lignes en vue de leur évacuation vers le village des Yraux par convoi sanitaire ou funiculaire.

Cliquez sur les images pour les agrandir

6. Abri bétonné

A l’origine recouvert de troncs, cet abri permettait de verrouiller les pentes nord du collet des Yraux.

Cliquez sur les images pour les agrandir

Ancien réservoir d’eau

Ne figurant pas sur l’itinéraire, cette ancienne fontaine est relativement bien conservée. On y distingue encore le bassin, des canaux et le captage d’eau.

Cliquez sur les images pour les agrandir

7. Station haute du funiculaire

Le relief montagneux rend difficile la circulation des lourds convois nécessaires à une guerre industrielle, grande consommatrice de matériaux, d’armes et de munitions. Les Vosges voient ainsi se développer un réseau très complexe de routes (comme la célèbre « route des Crêtes » du côté français), voies ferrées, funiculaires, téléphériques et câbles transporteurs, indissociables de la guerre de montagne.
Pour alimenter le plateau de 766, les Allemands doivent acheminer matériels et munitions depuis Sainte-Croix-aux-Mines. Démarré en 1915, ce réseau appelé Eberhardtbahn, en l’honneur du général de division Magnus von Eberhardt, commandant le XVe corps de Réserve, se prolongeait par le funiculaire des Yraux, doté de 300 mètres de pente, dont on trouve ici la station haute terminale.

Cliquez sur les images pour les agrandir

8. Blockhaus détruit

Très probablement détruit après guerre, le toit de l’abri est au milieu de la tranchée qui y mène. Les constructions bétonnées allemandes sont nombreuse, dans le but de protéger hommes, munitions, et armes, ou de créer des observatoires.

Cliquez sur les images pour les agrandir

9. La tranchée

Cette tranchée, intégrée au circuit, permet de se rendre compte partiellement de ce genre d’organisation défensive. Le tracé est sinueux, afin de prévenir les tirs en enfilade. On y retrouve blockhaus, postes d’observation ou de tir bétonnés, ainsi que des éléments en béton préfabriqué.

Cliquez sur les images pour les agrandir

10. Poste de guet

Entièrement bétonné, il semble donner sur une galerie située dessous, comme souvent dans ce type d’installations. Il se trouve à proximité d’un poste de tir également bétonné, dans la tranchée. L’usage du béton s’explique par l’importance stratégique de l’installation, permettant de repérer toute tentative d’intrusion ennemie.

Cliquez sur les images pour les agrandir

11. Poste de tir

Situé à quelques mètres de l’emplacement précédent, il comporte des éléments en béton préfabriqué, ce qui permet une installation rapide en terrain difficile.

Cliquez sur les images pour les agrandir

12. Observatoire

Il s’agit d’une guérite blindée de forme triangulaire, similaire à celle encore en place ci dessous. Afin d’améliorer la protection, ces guérites étaient installées dans un massif en béton armé, et reliées aux galeries qui permettaient de rejoindre abris et poste de tir. Elle a été ferraillée après guerre.

Cliquez sur les images pour les agrandir

13. Blockhaus blindé

Il s’agit d’une guérite similaire à la précédente, mais entièrement recouverte de béton armé. Située en contrebas, ses embrasures sont dirigées vers le haut. Réservée à l’observation, l’intérieur est étroit et les fentes ne permettent pas le tir.
Ce type d’équipement standardisé comporte notamment une fente pour périscope ou lunettes binoculaires. dans le cas de bétonnage, il est fréquent qu’elles soient obstruées.

Cliquez sur les images pour les agrandir

14. Poste avancé

Cet abri partiellement démoli se trouve à quelques dizaines de mètres des premières lignes françaises.

Cliquez sur les images pour les agrandir

15. Première ligne française

Les tranchées difficilement visibles aujourd’hui se trouvent à seulement quelques dizaines de mètres des positions allemandes.

Cliquez sur les images pour les agrandir

16. Cote 766 et blockhaus français

Cet abri de surface bétonné est noyé dans la végétation. Il est situé au sommet de la Cote 766.

Cliquez sur les images pour les agrandir

17. Ouvrage français

Situé au sommet de 766, cet ouvrage imposant permettait de défendre les lignes françaises, position stratégique de par les vues qu’elle donne sur les vallées environnantes. Le toit était probablement fait de troncs recouverts de terre et de pierres.

Cliquez sur les images pour les agrandir

18. Croix le Prêtre

Selon la légende, la Croix Le Prêtre commémorerait la mort d’un curé de Wisembach tué par un loup en se rendant à Lusse. Toutefois, le terme de « loups » pouvait désigner également les brigands, les soudards itinérants ou les populations en déshérence pendant les guerres, et notamment celle de Trente ans. Pendant la Grande Guerre une chapelle forestière munie d’un clocheton et ornée d’une grande Croix de guerre en frontispice y était installée, attenante à un petit cimetière recueillant quelques dépouilles de chasseurs alpins.

Cliquez sur les images pour les agrandir

19. Poste de commandement français

Cet abri bétonné servait de poste de commandement. Situé à quelques centaines de mètres des premières lignes, il se compose d’une salle reliée à un couloir à deux accès. Un banc permettait aux porteurs d’attendre les messages à transmettre.

Cliquez sur les images pour les agrandir

20. Abri de surface français

Il ne subsiste presque rien de cet abri, qui servait aux troupes en lignes.

Cliquez sur les images pour les agrandir

21. Point de vue sur l’Ormont

Isolé des grands axes de communication, difficile d’accès en l’absence de routes permettant sa visite, le plateau mémoriel de la Cote 766, pourtant l’un des grands points de friction de la guerre de montagne en Déodatie, n’a pas fait l’objet d’une pratique massive du tourisme mémoriel. Concurrencé par d’autres grands sites plus emblématiques (La Chipotte, La Chapelotte ou La Fontenelle), le champ de bataille, ferraillé, est retourné au sauvage puis abandonné à la nature. Entre monument mémoriel, vestiges des formidables éléments de défense et traces des combats qui ont laissé ici leurs cicatrices, 766 est aujourd’hui l’un des grands sites de la Grande Guerre dans les Vosges restitués à la Mémoire commune.

Cliquez sur les images pour les agrandir

Laisser un commentaire