Le fort de la Pompelle est le plus petit ouvrage de la ceinture fortifiée de Reims. Il a été édifié de 1880 à 1883 pour soutenir les forts principaux de Witry-les-Reims, Nogent-l’Abbesse, Berru, Brémont, Saint-Thierry, Fresne et Montbré, qui constituent la ceinture défensive de Reims. Conçu comme une plate‑forme d’artillerie à ciel ouvert, il présente des façades basses pour rester discret et limiter les risques d’impact direct. Ses fossés sont défendus par deux caponnières : une double à l’est, une simple à l’ouest. Au nord, un pont‑levis donne accès au fort, protégé par deux coffres‑flanquants permettant des tirs croisés. Fait unique dans la ceinture rémoise, la Pompelle possède une courtine de gorge crénelée sur sa façade nord, derrière laquelle se trouvent les casernements. La garnison compte 277 hommes. En 1890, son artillerie principale comprend six canons de 155 mm modèle 1877 (système de Bange) orientés vers le sud, et quatre canons de 138 mm (système de Reffye) sur les côtés pour couvrir les intervalles entre forts. Comme les autres ouvrages de Reims, il est désarmé en 1913, devenu obsolète face aux progrès de l’artillerie moderne.
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Mobilisé en août 1914, le fort de la Pompelle devient un enjeu majeur de la guerre en Champagne, malgré son désarmement en 1913. Pris par les Allemands le 4 septembre, il est repris le 24 par le 138e régiment d’infanterie après de violents combats et sera le seul à rester aux mains françaises. Après la fixation du front, les allemands vont profiter de leur position dominante pour bombarder le fort et la ville de Reims. De 1914 à 1918, bien que partiellement détruit, il reste en première ligne. Des unités françaises métropolitaines, coloniales et le corps expéditionnaire russe s’y succèdent. La présence russe devient un symbole fort de l’amitié franco‑russe. Un monument devant le fort, inauguré le 4 septembre 2010 témoigne de cette amitié. Le 5 septembre 1917, les Allemands lancent une attaque majeure. Pendant douze heures, les soldats russes repoussent cinq assauts successifs et conservent leurs positions. Le 16 avril 1917, lors de l’offensive Nivelle, la brigade est déplacée au nord de Reims. Elle reprend le village de Courcy, occupé par les Allemands depuis 1914.
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Le musée présente une riche collection de pièces d’équipement du soldat et de matériel, notamment d’artillerie. La collection de casque Friesé, acquise par la ville après le décès de ce dernier, comporte plus de 300 casques allemands et vaut à elle seule le détour.
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Les abords du fort portent encore les traces des combats. Plusieurs pièces d’artillerie sont exposées devant : un canon de 155 GPF français, un obusier de 105 Schneider fabriqué en Italie et un canon de 75 italien.
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Face au fort se trouve un monument-ossuaire inauguré en 1923. Conçu par l’architecte Emile Maigrot (1880-1961), il a été érigé à l’emplacement de la Ferme d’Alger, détruite par les combats. Il rassemble les corps de plus de 400 soldats inconnus, français et allemands, tombés dans le secteur.