Musée
Dressée sur un éperon rocheux, la citadelle de Dinant est également un des lieux de mémoire de la première guerre mondiale.
Dinant a connu plusieurs invasions : en 146, Charles le Téméraire (celui là même qui perdra la vie à Nancy) mettra la ville à sac après un siège de 8 jours. Il fera jeter 800 hommes, attachés 2 à 2, dans la Meuse et rasera quasi intégralement la cité (ce qui relativise toute éventuelle sympathie qu’on pourrait avoir envers le bonhomme).
En 1672, la France entre en guerre contre l’Espagne, les Provinces Unies et l’Empire Romain Germanique. Le 19 mai 1675, l’armée française assiège la ville dont le château est occupé par les allemands. Ils ne se rendront que le 29 mai, après qu’une brèche ait été causée par une mine. La citadelle sera modifiée conformément aux idées de Vauban, mais sera démantelée en 1698 lors du départ des troupes françaises.
En 1820, la citadelle prendra son aspect actuel, étant modifiée conformément aux idées de Montalembert, laissant une large place à l’artillerie sous casemate dans le but d’écraser l’artillerie de l’assaillant avant même qu’il ne l’ait installée.
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En 1878, la citadelle perds son rôle militaire en raison des progrès de l’artillerie, et deviendra un musée en 1906. Les soldats rejoindront les nouveaux forts érigés par Brialmont à Namur et à Liège. Elle sera cependant un enjeu majeur au début du conflit. En effet, occupée dès le 8 août 1914 par les français, elle sera attaquée par les allemands le 15 août. Les combats se termineront au corps à corps par un repli de l’armée française à 11h40. A 16h, les français contre-attaquent en passant par les 408 marches de l’escalier et parviennent à reprendre la citadelle faisant 20 prisonniers.
Les combats, d’une violence intense, donnent lieu à des actes atroces : des blessés allemands sont achevés, des soldats français mutilés et pendus par les pieds.
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Lors de cette journée, le Lieutenant Charles de Gaulle sera blessé d’une balle dans la jambe. Son témoignage figure sur un des panneaux du site :
Je hurle : « Première section ! Avec moi, en avant ! » Et je m’élance, conscient que notre seule chance de réussite est de faire très vite avant que l’ennemi, qu’on voit refluer précipitamment, n’ait eu le temps de se retourner. J’ai à peine franchi la vingtaine de mètres qui me séparent de l’entrée du pont que je reçois au genou comme un coup de fouet qui me fait manquer le pied. Les quatre premiers avec moi sont également fauchés en un clin d’oeuil. Je tombe et le sergent Dehout tombe sur moi, tué raide ! Alors c’est pendant une demi minute une grêle épouvantable de balles autour de moi.
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La citadelle est également un musée retraçant l’histoire de la ville. Des pièces d’artillerie ont été replacées dans les casemates à leur emplacement d’origine, avec des panneaux explicatifs permettant de comprendre l’évolution de l’armement et l’histoire du lieu.
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De nombreux monuments sont visibles en ville. Deux particulièrement marquants sont celui de l’hôtel de ville et celui en hommage aux 674 civils tués par l’armée allemande le 23 août 1914 en représailles à l’action présumée de francs-tireurs.
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