Cet extrait des Leçons de Fortification Permanente de l’École Militaire d’Artillerie, daté de décembre 1916, décrit les tourelles pour mitrailleuses GF4 modèle 1899. 89 de ces tourelles ont été construites, et 87 posées avant la grande guerre, les deux restantes (destinées aux forts de Vacherauville et au fort Lachaux), fabriquées par les établissements Fives-Lille, serviront à remplacer les deux GF4 détruites du fort de Douaumont.
Ces tourelles sont servies par l’infanterie, contrairement aux tourelles d’artillerie servies par des artilleurs. Le premier marché (21 juin 1899) sera attribué à Châtillon-Commentry pour un coût de 29 000 francs par tourelle. Le dernier marché sera attribué aux établissements Fives-Lille le 4 novembre 1911. Une GF4 coûtera alors 31 500 francs pièce.
Merci à Florian des Cahiers d’Albi pour les précisions apportées

Description

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Elle se compose d’un corps de tourelle cylindrique en tôle d’acier chromé de 20 mm d’épaisseur recouvert d’une calotte en fer laminé ou acier spécial de 120 m/m d’épaisseur. Le corps de la tourelle est supporté par un croisillon a trois branches C fixé à la partie supérieure d’un arbre vertical A pénétrant dans une colonne creuse P formant pivot.
L’ensemble est installé dans la partie supérieure d’un puits en maçonnerie de béton armé. Il est équilibré à la façon d’une suspension de salle à manger, par un contrepoids disposé à l’étage inférieur.
Une crémaillère fixée sur la colonne creuse reçoit un mouvement vertical d’ascension ou de descente par une série d’engrenages commandés par une manivelle.
Sur l’une des branches du croisillon du corps de tourelle est disposé l’affût qui supporte les deux mitrailleuses (système Hotchkiss).
Le pointeur debout sur une plateforme portée par la colonne creuse peut, en appuyant sa hanche sur les deux autres bras du croisillon entre lesquels il est placé, faire tourner facilement et de sa volonté, l’arbre pivot et par suite la tourelle, de façon à suivre les mouvements de l’ennemi.
Dans la position d’éclipse, la calotte repose sur une avant cuirasse en fonte trempée qui protège l’étage inférieur. Cette avant-cuirasse a une épaisseur de 25 cm ; elle est doublée intérieurement d’une tôle d’acier extra-doux de 10 mm.
Dans la position de tir, la tourelle peut être mise hors de service par un seul obus, même de campagne, touchant le corps cylindrique qui est seulement à l’épreuve de la balle et des shrapnells.

Armement et tir

Les deux mitrailleuses tirent la cartouche du fusil d’infanterie ; en batterie, elles dépassent le corps de la tourelle, à l’intérieur duquel elles sont rentrées pour l’éclipse.
La vitesse de tir est en principe de 600 coups à la minute. L’une des mitrailleuses tire pendant que l’autre est en réserve ou se refroidit. Le tir est dirigé en direction et en hauteur par le pointeur qui observe directement les buts à battre par les créneaux d’embrasure, et qui peut, en outre, observer le terrain des abords par des créneaux pratiqués sur le corps de la tourelle ; ces créneaux peuvent être obturés par des volets mobiles à l’épreuve de la balle. Par suite, il n’est jamais nécessaire d’affecter un observatoire de tir aux tourelles pour mitrailleuses.
Un appareil, dit de pointage automatique, permet de battre une zone convenablement choisie sur le glacis, la nuit ou lorsqu’on ne peut pointer.
Les mitrailleuses sont approvisionnées à 57.600 cartouches. Le service est assuré par 4 hommes. Son poids est de 2,5 tonnes. L’avant-cuirasse est d’une seule pièce et pèse seule 15 tonnes.

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