L’abri du Lycée Jeanne d’Arc

Site accessible au public lors des périodes d’ouverture

Peu de monde en est conscient, mais sous un lycée de Nancy se cache un abri exceptionnel. Bien que datant de 1935, il est directement lié aux bombardements de la première guerre mondiale.
En effet, l’agrandissement de ce lycée a été l’occasion de créer un abri, permettant d’assurer la protection de la population et du Préfet (un tunnel passait sous la rue Pierre Fourrier et débouchait dans la Préfecture), ainsi que des élèves. Il était étanche aux gaz et équipé d’un système de filtration de l’air, témoins du double traumatisme des bombardements et des attaques aux gaz.

Source : Archives Municipales de Nancy

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Malgré leur apparence vétuste, ces systèmes de filtration de l’air représentent un témoignage rare de la phobie des gaz de combat persistant dans l’entre-deux-guerres.

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Bien qu’aucune attaque au gaz n’ait été réalisée sur des cibles civiles lors du premier conflit mondial, le climat politique régnant en Allemagne suite au traité de Versailles et la montée en puissance du parti national-socialiste font craindre qu’un nouveau conflit entre la France et l’Allemagne éclate dans un futur proche. La municipalité décide donc d’établir différents abris et postes de secours au sein de la ville. L’abri du lycée Jeanne d’Arc n’est pas prévu dans le plan de défense original.

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Lors des fouilles réalisées pour agrandir la superficie du lycée Jeanne d’Arc en 1934, il s’est avéré que le sol était insuffisamment résistant à l’emplacement du nouveau bâtiment. Face à la nécessité de réaliser des travaux de renforcement du sous-sol du bâtiment, il fut établi un projet d’abri présenté au Conseil Municipal le 28 novembre 1934.

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Le surplus de dépenses sera réparti entre la commune et la préfecture, le ministère de l’éducation nationale est le rectorat n’accordant aucun crédit à ce genre de travaux. La commune dépensera ainsi 250 000 francs (environ 184 411 €) dans le gros œuvre, et la Préfecture 107 858 francs (79 560 €) dans l’aménagement et l’équipement de l’abri. Le système de filtration et de ventilation de l’abri coûte à lui seul 45 400 francs (33 489 €).

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Ce système de filtration est à lui seul un témoin rare des innovations technologiques de l’époque. Il se compose de deux appareils de captage, filtrage et ventilation de l’air ainsi que de plusieurs portes étanches assurant une protection optimale de l’abri contre les gaz de combat pouvant être utilisé lors d’une attaque sur la ville.

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Les appareils de captage et filtration de l’air ont été fabriqués par la société Nessi Frères & Cie de Montrouge. Ils ont trois fonctions utilisables selon la situation rencontrée, grâce à un système d’obturateurs (numérotés de 1 à 6) :
– Captage et diffusion de l’air frais extérieur sans aucun filtrage (circuit Bleu) ;
– Captage, filtration et diffusion de l’air purifiée dans les casemates (circuit Rouge) ;
– Recyclage de l’air vicié de l’abri et purification à travers un filtre à chaux (circuit Jaune).

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Grâce à ces trois fonctions, il est ainsi possible :
– De diffuser de l’air frais en cas d’alerte sans utilisation de gaz, ce qui permet d’économiser les filtres ;
– De diffuser de l’air filtré en cas d’attaque au gaz ;
– De maintenir un air respirable en cas de destruction des cheminées de captage situées sur le toit, de saturation du filtre voire d’incendie du bâtiment.

Découvrez les photos des Journées Européennes du Patrimoine !

Un grand merci à la direction et aux équipes du lycée Jeanne d’Arc pour leur accompagnement dans ce travail

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Les bunkers du col du Donon

Site accessible librement

Situé dans le massif des Vosges, le col du Donon est un site remarquable de la première guerre mondiale.
Témoin d’une âpre bataille les 20 et 21 août 1914, qui se terminera par une victoire allemande et dont le Donon porte encore les traces, le massif a été fortifié par les allemands jusqu’en 1916. Aujourd’hui, il est encore possible de voir certains de ses retranchements les plus marquants en suivant un sentier de randonnée, mais également d’observer les stèles érigées en 1916 aux soldats tombés dans ces affrontements.

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Texte d’un panneau figurant à la Nécropole du Donon

Aux premiers jours de la guerre, pour appuyer la manœuvre de l’armée du général Pau, certaines unités doivent s’emparer de la chaîne des Vosges. Le 12 août, le 21e corps d’armée (CA) reçoit cette mission- La résistance ennemie est importante entre Plaine et Diespach, mais les Français contrôlent rapidement les cols de Saales, de Hans ou encore celui du Donon. Ce massif est l’un des deux plus hauts sommets des Basses-Vosges et représente un enjeu stratégique. Après avoir conquis sans difficulté le Donon, les hommes de la brigade d’infanterie (BI) aménagent leurs positions.
Dans la vallée de la Bruche les Français progressent sans difficulté. Le 14 août, ils libèrent Saint-Blaise-la-Roche où, au cours d’un assaut audacieux les chasseurs du 1er bataillon de chasseurs à pieds (BCP) s’emparent du drapeau du 2e bataillon du 99e régiment de réserve alsacien et mettent en déroute le 132e régiment Poméranien. Schirmeck, Wisches et Villé sont aux mains des Français. Le 16, la frontière est atteinte. Mais, l’ennemi porte une violente contre-attaque sur la rive droite de la Bruche. Du côté français, les pertes sont importantes en particulier au sein des régiments d’infanterie (RI). Le 18, Wisches est aux mains de l’adversaire Le 19, les Français se replient sur le massif du Donon composé du Haut et du Petit Donon. Le 20 août, poursuivant leur effort, les armées allemandes cherchent à repousser les armées françaises au-delà de la frontière. Le massif du Donon est au cœur des enjeux. Dans la soirée du 20, au terme d’un bombardement de huit heures, les hommes du BCP subissent l’assaut des chasseurs allemands, les Jager. Après l’échec de la prise de Sarrebourg, les Français se replient. Quelques-uns s’accrochent au sommet du Petit Donon. Au cours de la nuit, les Allemands renforcent leurs positions. Au matin, en dépit des ordres de retraite générale vers le Grand Couronné de Nancy, le commandant de la 25e BI cherche à reprendre les positions perdues. Cette tentative est un échec… Le lendemain, sans résistance, le Grand Donon tombe.
Les combats sur le Donon sont aussi brefs que meurtriers. Dans leur repli, les Français abandonnent morts et blessés. A partir du 22 août, les Allemands commencent l’inhumation de ces combattants tandis que les blessés et les prisonniers sont envoyés à Schirmeck. A partir de cette date et jusqu’à la fin de la guerre, le massif du Donon est transformé en une forteresse imprenable où est exploitée une main d’œuvre composée de prisonniers russes et d’otages civils.

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Certains vestiges de cette période sont encore peu connus : de nombreux abris sont dispersés sur le massif, témoins de lignes de défenses savamment conçues par les allemands. En face, les positions françaises se résumaient, comme souvent, à des tranchées et abris construits à même le sol, offrant un « confort » moindre. La stratégie de l’époque est à l’origine de ces conceptions différentes : les allemands conquièrent et souhaitent rester dans les zones conquises tandis que les français ont la volonté d’avancer et de reprendre les terres perdues.

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Le secteur n’étant plus jugé prioritaire, les allemands cesseront de construire des fortifications sur cette partie du front à partir de 1916. Les assauts de grande envergure n’y auront pas lieu, d’autres parties du front étant jugées plus stratégiques. Il ne serait cependant pas juste de dire que ces constructions ont été inutiles, l’effet dissuasif jouant un rôle primordial dans les actions offensives de l’adversaire.

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Il est également possible de traverser un immense abri ainsi qu’un autre emplacement muni de créneaux de tir qui comportaient des volets blindés.

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En redescendant du Donon, direction Turquestein, se trouvent les vestiges d’un ancien téléphérique, témoin des moyens investis par les allemands dans cette zone.

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Le Südelkopf

La façade du SP6

Site accessible librement

Au nord du Hartmannswillerkopf se trouve une crête dont l’histoire est souvent méconnue, mais qui mérite d’être vue. Je parle bien sûr du Südelkopf, théâtre d’âpres combats durant la première guerre mondiale. Son histoire a néanmoins été éclipsée par celle de son voisin, le vieil Armand, en raison des batailles sanglantes et souvent inutiles qui s’y sont déroulées.

BDIC_VALGF05_14_02 – 7e armée. Groupe des canevas de tir. Station-observatoire Rixens (Grand Ballon). Echelle de 1 mm pour 11000e. Sudel et Hartmannsweiler La Contemporaine

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Cette crête est jalonnée de vestiges, que ce soient des sapes, des Stützpunkt (points fortifiés) ou encore des postes de mitrailleuse et de minenwerfers. Cette concentration démontre à elle seule l’importance de ce lieu, qui contrôle le passage entre les vallées de la Thur et de Guebwiller.

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Le site sudelkopf.fr retrace l’histoire des combats qui se sont déroulés en ces lieux de 1914 à 1918. Je me limiterais donc à une présentation des vestiges observés. Nombre d’entre eux portent l’inscription LIR 40 – Landwehr-Infanterie-Regiment Nr. 40. Cette brigade faisait partie du 55. Ldw.-Brig. (Landwehr-Brigade, l’équivalent de l’armée territoriale en France) affectée au renforcement des Deckungstruppen Oberrhein (troupes de couverture du Rhin Supérieur) qui sont chargées de défendre la Haute-Alsace.

Le Sudelkopf en février 1918 (vue prise de Freundstein)
Le Südelkopf en févier 1918 depuis le Freundstein.
Source : Pages de gloire du 68e bataillon de chasseurs alpins : 2 août 1914-30 mars 1919

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Les Stützpunkt (SP)
Le SP Rehkopf

Poste de première ligne, il est accessible grâce à un escalier encore en très bon état. Sa façade porte les noms de soldats allemands étant passés par là.

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Le SP0

Situé sur la crête, il comporte plusieurs abris ainsi qu’un observatoire bétonné. Le bois de coffrage y est encore intact !

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Le SP2

Cet abri se trouve en contrebas d’un sentier de randonnée. Il est étonnant de par la large ouverture située à droite de son entrée, condamnée par une grille. Un couloir mène à une grande salle, et à une galerie s’enfonçant dans la montagne.

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Le SP3

Ce vaste abri comporte deux salles reliées par un couloir. Un accès débouche un peu plus haut. Il est dans un état de conservation remarquable, son cartouche (un aigle et l’inscription LJR. 40 – 6 Komp) est toujours présent.

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Le SP4

Un petit abri au premier abord, mais une fois le couloir passé on se trouve dans une salle menant vers des galeries s’enfonçant dans la montagne. Il porte également un cartouche très bien conservé, qui nous indique qu’il a été construit par la 14é compagnie du 2e régiment de Pionniers de la Landwehr, en 1917.

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Le SP6 (Hessen Werk)

Il s’agit d’un magnifique ensemble d’abris, observatoires, postes de Minenwerfers construit par la 87e compagnie du 13e régiment d’infanterie de Landwehr en 1916. Son entrée principale est remarquable, et la petite montée à flanc de colline vaut la peine d’être effectuée.

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Le SP7

Une galerie effondrée débouche sur ce qui semble être un observatoire. L’ensemble est plutôt bien conservé.

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Le SP8

Cet abri très bien conservé a été construit en 1917 par le Landwehr-Infanterie-Regiment Nr. 40. Il est malheureusement tagué d’inscriptions indépendantistes. Sa position en bord de route peut en être la raison. A proximité se trouvent des entrées de sapes effondrées. Il porte encore son cartouche 17 Bau Komp LJR 40.

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Le Holzwasen

Situé légèrement en arrière, on peut y observer les restes de grands abris et d’une cantine militaire.

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Les bains allemands

D’anciens bains construits par les soldats allemands peuvent être observés au niveau de la Croix Zimmermann.

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La chapelle du Südel

Érigée à la mémoire des soldats français tombés en ces lieux.

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Le site lieux-insolites.fr propose des circuits sur ces lieux chargés d’histoire.

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L’Abbaye de Saint Benoît en Woëvre

L’abbaye en 1914
Source : L’Est Républicain, 12/05/2017

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Cette ancienne abbaye cistercienne, située à proximité de Vigneulles lès Hattonchâtels, ne paie pas de mine au premier abord. Fondée en 1128, elle sera active pendant près de 650 ans. Comme beaucoup de biens religieux, elle sera fermée à a révolution et vendue comme bien national. Trois familles vont en prendre possession : les familles Arnould, Dégoutin et Mengin.

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Les allemands utiliseront l’abbaye comme poste de commandement du secteur de Saint Mihiel. En 1918, quittant les lieux face à l’arrivée des américains, ils détruisent l’abbaye. Aujourd’hui, seul subsiste la façade, un puits et un château d’eau construit par les allemands durant leur occupation des lieux. Le site est entretenu par un particulier, M. Duménil.

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Cet extrait de l’Est Républicain du 12 mai 2017 relate la démarche de M. Duménil pour protéger l’abbaye:

« À l’époque il y avait trois bâtiments et le cloître était fermé par une abbatiale. Elle devint ensuite un château luxueux. Les Allemands l’occupèrent en 1914. Ils l’ont transformé en hôpital avant de la détruire en 1918 », précise George Duménil. Après avoir défriché les abords, il a demandé un devis pour protéger le long mur, épais d’un bon mètre, avec des tuiles afin d’empêcher l’eau de s’infiltrer dans les pierres. Ensuite il devra abattre les arbres qui ont fini par pousser à l’intérieur.

« Il aurait été dommage de voir ce vestige détruit. Je vais lancer une souscription afin de protéger ce qui reste et je ferai des panneaux avec des photos d’époque pour le public après avoir protégé l’ensemble avec une petite clôture. » Un long mur ouvert par de nombreuses fenêtres avec, au-dessus du porche d’entrée, un écusson ainsi que des piliers monolithes de 5 mètres de hauteur et une façade faite de pierres et de briques pleines sont encore visibles.

« Du bel ouvrage. Les pierres viennent certainement des carrières de Senonville. De l’autre côté on peut voir 5 à 6 travées du cloître mais plusieurs caves se sont écroulées et d’autres sont remplies de détritus. » En regardant avec attention les restes de l’édifice Georges Duménil pense avoir, découvert des traces de l’abbaye d’origine sous la forme d’une pierre représentant un lion.

Source : L’Est Républicain, 12/05/2017, par P. Na.
Abbaye de St Benoît en Woëvre
Au château de Saint-Benoît, le général von Gebsattel pose assis entre deux officiers d’état-major. A gauche, se tient son chef d’état-major, l’Oberst Braun, à droite, le Major von Krebs. Coll. R. Selzle.
Photographie tirée de l’ouvrage « La guerre aux portes de Saint-Mihiel« , par N. CZUBAK, Ysec Editions, 2018.

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Transcription du panneau visible sur le site :
Le 11 mai 1132, les moines cisterciens venus de l’abbaye de La Crête (Haute-Marne), seconde fille de l’abbaye de Morimond (Haute-Marne), s’installent à Saint-Benoît.
Au cours d’un bref passage antérieur, des moines bénédictins auraient donné le nom de leur fondateur à ce lieu antérieurement nommé « Richardménil » (ce fait est contesté par certains historiens).
Les cisterciens défrichent cette région et transforment les marécages en étangs riches en poissons, base de leur nourriture.
Dès 1156, ils fondent l’abbaye de Lisle-en-Barrois, que l’abbé de Morimond leur enlèvera, profitant des guerres et des difficultés de communication…
L’abbaye de Saint-Benoît possède 6 « granges » alentour (établissements agricoles secondaires situés à une journée de marche, au plus).
Au début du XVIIIe siècle, l’abbaye est en très mauvais état et les lieux réputés insalubres. A partir de cette époque, c’est le duc de Lorraine qui nomme les abbés et non plus le pape. L’abbé Jean de la Ruelle réunit les fonds pour construire la nouvelle abbaye, qui s’élève à partir de 1740, sous les ordres de l’abbé Collenel, selon les plans de l’architecte Antoine Malbert. L’édifice, somptueux, ressemble davantage à un château qu’à une abbaye.
Le dernier abbé, à la réputation de mœurs dissolues et couvert de dettes, doit vendre une partie du mobilier pour faire face à ses créanciers. En 1784, il quitte l’abbaye, qui est alors gérée par un administrateur : dom Joseph Meguet.
En 1791, les moines sont chassés par les révolutionnaires qui réquisitionnent les bâtiments comme bien national et font détruire l’abbatiale. En 1792, trois adjudicataires se partagent les 3 ailes de l’abbaye : les familles Arnoud, Dégoutin et Mengin. En 1864, il n’y a plus que deux propriétaires.
En 1914, l’armée allemande y établit un quartier général et un hôpital. En 1918, elle fait sauter les bâtiments avant de battre en retraite.
Seuls subsistent aujourd’hui la façade principale située devant vous et les bâtiments de la basse-cour, derrière vous.

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Le mémorial Gallois de Mametz

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Le bois de Mametz a été lors de la bataille de la Somme le théâtre de violents combats. En effet, le village de Mametz ayant été capturé par les Anglais le 1er juillet 1916, il est nécessaire de prendre le bois pour pouvoir continuer la progression vers l’Est.

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C’est la 38e division galloise qui sera chargée d’effectuer cette périlleuse mission. Le 7 juillet 1916, les hommes s’élancent à l’attaque et investit le bois dans sa quasi-totalité le 11 juillet au prix de lourdes pertes : sur les 12 000 hommes de la division, les 4 000 sont mis hors de combat, dont 600 tués et 600 disparus. Cette division sera relevée et ne participera à aucune attaque majeure avant le 31 juillet 1916.

Détails du socle en granit

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Le mémorial, représentant un dragon rouge tenant un barbelé et regardant vers les lignes allemandes, sera inauguré le 11 juillet 1987.

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La crête de Vimy

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Dominant la plaine environnante, la crête de Vimy a été le théâtre de violents affrontements entre les Allemands et les alliés Français et Anglais, qui y perdront plus de 150 000 hommes. Cette hauteur est en effet d’une importance stratégique car elle permet d’avoir une vue sur les tranchées alliées, mais également car elle protège les mines de charbon de Lens, cruciales pour l’économie de guerre allemande.

Le paysage porte encore les stigmates des bombardements intenses et des explosions de mines

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En 1917, l’ordre est donné par le haut commandement anglais aux troupes canadiennes de prendre la crête, en utilisant de nouvelles tactiques issues des enseignements de la bataille de la Somme. Les petites unités sont mieux informées afin de pouvoir faire preuve d’initiative dans la bataille. Cette nécessité s’impose car les Allemands ont construit une forteresse sur la colline, avec abris, tranchées et postes de tir bétonnés, voie ferrée permettant d’acheminer les munitions et le ravitaillement des hommes, galeries de mines permettant de neutraliser l’assaillant.

Les positions allemandes et canadiennes

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L’assaut aura lieu le 9 avril 1917. 15 000 Canadiens s’élancent des tranchées, alors que 1 000 fusils ouvrent le feu en direction des tranchées allemandes. Un barrage roulant couvre leur avancée, complétant les bombardements destructeurs et les explosions de mines menés avant l’opération. Au total, plus d’un million d’obus ont labouré cette crête sanglante durant la semaine de l’assaut.
Les hommes de la première vague seront suivis par d’autres et la plus grande partie de la crête est conquise. Le 12 avril, la totalité de la position est sous leur contrôle, au prix de 3 600 hommes tués et 7 000 blessés. Cette bataille deviendra un symbole fort pour l’armée canadienne, qui y a connu sa première grande victoire.
Aujourd’hui, un mémorial surplombe la crête. Lorsque l’on s’y trouve, la vue sur les terrils de Lens permet de comprendre l’importance stratégique de l’endroit et pourquoi le sacrifice de milliers de vies a été consenti lors du premier conflit mondial.

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Apprenez en plus sur cette bataille sur le site Veterans.gc.ca et celui du Musée Canadien de la Guerre !

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Le Mark IV Deborah

Musée

Le char Mark IV

Au total, 1220 Mark IV ont été produits en version « Mâle », « Femelle » et char d’assistance.
Les « Mâle » sont équipés de larges casemates latérales dotées chacune d’un canon de calibre 57mm et d’une mitrailleuse de type Lewis, une autre étant placée dans la cabine de pilotage. Il emporte au total 2 canons et 3 mitrailleuses pour 332 obus et 5640 cartouches transportés. Les casemates du char « Femelle » accueillent 4 mitrailleuses. Une Lewis est aussi positionnée dans la cabine avant. Le char emmène 12 972 cartouches. L’épaisseur du blindage varie de 6 à 12 mm.
Pour le transport, les casemates latérales du Mark IV peuvent être repliées à l’intérieur alors qu’auparavant il fallait les déboulonner puis les treuiller pour les désolidariser du char.
L’échappement n’est plus à l’air libre. Un collecteur fait office de silencieux.
Une poutre « anti-enlisement » est installée à l’arrière sur la partie supérieure du tank. Si celui-ci vient à s’enliser, l’équipage peut accrocher la poutre à l’aide de chaines à chacune des chenilles. Une fois en mouvement la poutre est entrainée sous le char lui permettant ainsi de s’extraire de sa position difficile.
À Cambrai, pour traverser les larges tranchées, le tank utilise une fascine, sorte de fagot de branchages d’un poids de 1,5 tonne. Il est placé sur le dessus de la cabine pour être largué avant la manœuvre de franchissement. À l’arrière du tank, le réservoir d’une capacité de 318 litres alimente un moteur 6 cylindres Daimler de 13 litres placé au centre de l’habitacle. Sa puissance était de 105 chevaux à 1000 tours par minute.
Des « spuds », sorte de crampons métalliques en forme d’ancre, pouvaient être fixés aux chenilles pour une meilleure adhérence dans les terrains gras. En temps normal, cet équipement était rangé dans un casier placé sur la partie supérieure à l’arrière du char.
Le premier engagement des Mark IV a lieu à Messines le 7 Juin 1917 mais c’est à Cambrai qu’ils s’illustrent.

Retranscription d’un panneau de l’exposition

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Situé à Flesquières, non loin de Cambrais, le musée consacré au Mark IV « Deborah » (D51) est un site incontournable pour tout passionné de char. Exposé dans un bâtiment semi enterré, le char est préservé des outrages du temps et du climat dans un cadre évoquant les bunkers de la ligne Hindenburg.
Ce Mark IV femelle a beau être partiellement détruit, il offre un aperçu inestimable de la conception de ce type de véhicule. En effet, les dégâts occasionnés par les combats permettent de voir le moteur, les systèmes de chenille, engrenages et autres mécanismes, ce qui ne serait pas possible avec un véhicule intact.

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Participant à la bataille de Cambrai le 20 novembre 1917, Deborah fait partie des 476 chars lancés dans la première attaque massive avec ce type de véhicules. Jerôme Vaillant et Philippe Gorczynski, de l’association du tank de Flesquières, racontent son périple :

L’histoire de ce char est entremêlée à celle de la bataille de Cambrai, qui s’est déroulée en novembre 1917 sur les terres du nord.  Le matin du 20 novembre, « Deborah » quitte la localité de Trescault, dans la deuxième vague de chars. Après avoir traversé le « Grand Ravin », le char parvient sur la crête de Flesquières. L’équipage y découvre une hécatombe, une quinzaine de chars ont été détruits par l’artillerie allemande. Le char entre dans le village qui semble désert, descend l’actuelle rue du Moulin, et tourne à droite sur la rue du Calvaire. Environ 200 mètres avant l’emplacement du musée, le char reçoit plusieurs coups de canons sur le flanc gauche. Quatre membres de l’équipage meurent sur le coup. Les quatre survivants évacuent et retournent vers les lignes britanniques, un blessé décède sur le trajet retour. L’épave reste sur place après la capture du village, et les corps sont enterrés dans un cimetière provisoire un peu plus loin.

Source : https://theatrum-belli.com, propos recueillis par Camille Harlé Vargas

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Retrouvé en 1998, grâce à la ténacité de Philippe Gorczynski, qui s’est basé sur un témoignage et des archives de guerre, Deborah est exhumée le 20 novembre 1998, jour anniversaire de sa destruction lors de la bataille de Cambrai. Exposé jusqu’en 2017 dans une grange du village marquée par les combats, il est désormais soigneusement conservé dans un centre d’interprétation rappelant un bunker, dont la sobriété renforce la mise en valeur du char. Des objets retrouvés dans l’épave ou issus de collections personnelles viennent agrémenter le parcours de visite.

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Le Lochnagar Crater et les tunnels à La Boisselle

Textes adaptés ou repris des panneaux explicatifs sur place

Toutes les photos d’époque proviennent du site La Contemporaine et ont été recadrées par souci de lisibilité

La guerre des mines commence dans ce secteur fin décembre 1914. Les Français vont commencer à creuser des galeries dans la craie et, lorsque les Royal Engineers britanniques vont arriver dans la Somme, à l’été 1915, ils récupéreront 66 puits de mine.

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Le village de La Boisselle est à cette époque un bourbier ravagé par les explosions souterraines. Aux tunnels destinés à l’explosion des mines s’ajoutent les tunnels défensifs, destiné à contrecarrer les plans de l’adversaire par l’explosion de camouflets. Les belligérants s’enterrent de plus en plus profondément, creusant entre 9 et 36 mètres de profondeur.

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Le 11 novembre 1915, la 185th Tunneling Company, relayée par la 179th Tunneling Company, démarre la préparation de la bataille de la Somme. Les travaux s’achèvent en mars 1916 par la préparation d’une mine gigantesque sous la Schwaben Höhe.
Deux puits seront creusés, sur une longueur de 304 mètres, à des profondeurs différentes. Seul celui situé à 15 mètres de profondeur sera retenu. Ce travail de longue haleine sera effectué dans des tunnels de 1m40 de haut et 75cm de large. Les déblais seront chargés dans des sacs de toile, stockés au Bois de Bécourt et ramenés pour reboucher le tunnel après la pose des explosifs dans la chambre souterraine.
Le Major Henry M Hance, commandant de la 179th Tunnelling Company, témoigne sur les conditions de travail : [la mission] « était accomplie en silence. Un grand nombre de baïonnettes étaient munies de manches. L’opérateur insérait la pointe dans une fissure du « mur », ou à côté d’un silex, qui étaient nombreux dans la craie, tournait, un autre homme se tenant derrière lui attrapait la pierre qui tombait. »

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L’assaut de la 34ème Division le 1er juillet 1916

A 07h28 le 1er juillet 1916, les détonations des deux grandes mines à Y-Sap dans Mash Valley et à Lochnagar dans Sausage Valley donnent le signal du début de la bataille.
La 34eme Division se compose de « Pals » battalions (bataillons de « copains ») ayant répondu à l’appel de Kitchener mais qui n’ont encore jamais combattu. Elles doivent attaquer les lignes allemandes autour de La Boisselle par les flancs. La division se constitue des 15ème et 16ème Royal Scots (Edinburgh City), du Lincolns (Grimsby Chums), du 11ème Suffolks (Cambridge Pals), et de huit bataillons de Northumberland Fusiliers (Tyneside Scottish et Tyneside Irish).

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Deux minutes après l’explosion des mines, le coup de sifflet est donné et les hommes sortent de la relative sécurité des tranchées. On déplore plus de 75 % de victimes, car les soldats doivent souvent traverser plus de 730 mètres de terrain découvert pour atteindre les barbelés allemands. Ils sont rapidement décimés dans le no man’s land et les survivants cherchent refuge dans le cratère de Lochnagar, tout juste formé.

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Encouragés par leurs joueurs de cornemuse, des bataillons des Tyneside Scottish donnent l’assaut à travers MashValley, entre le cratère deYSap et La Boisselle qui se trouve sur leur droite. Les mitrailleuses déciment ces hommes courageux et ceux qui atteignent les lignes allemandes à 460 mètres sont peu nombreux. Les Tyneside Scottish qui attaquent le point fort allemand de Schwaben Höhe à côté du cratère de Lochnagar doivent parcourir une distance plus courte, mais face au feu tout aussi féroce des mitrailleuses, peu réussissent à atteindre leur objectif.
Les Tyneside Irish ont la plus grande distance à parcourir, ils partent des positions de réserve à un peu plus de 1 km derrière la ligne de front britannique. Des hommes sont abattus lors de leur lente progression depuis les collines exposées. Certains réussissent à avancer malgré tout, un petit groupe atteignant même Contalmaison, leur objectif, mais ils seront perdus plus tard.
La 34ème Division déplore environ 6500 victimes, plus qu’aucune autre ce jour-là.

Monuments du Lochnagar Crater

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L’assaut d’après le récit du Soldat Tom Easton 2ème Bataillon Tyneside Scottish

« Le 1er juillet, je n’avais pas encore vingt ans. Au coup de sifflet donnant le signal de l’assaut, les cornemuses commencèrent jouer et nous avancions vers le cratère côte à côte, nous ne voulions pas avoir l’air lâche. Il y avait des pertes énormes. Sur mille hommes, il ne restait plus qu’un officier et deux cents hommes.
Plus tard, un évènement qui reste gravé dans ma mémoire arriva. Pendant l’assaut, nous longions la ligne de front allemande où j’ai vu l’un de mes meilleurs amis assis sur une position d’artillerie allemande. Il m’appela et lorsque j’arrivai devant lui, il me demanda de m’asseoir. Je protestai, lui disant que nous avions autre chose à faire. Il me dit que ça ne prendrait pas longtemps et me demanda si j’entendais de la musique. Je n’entendis absolument rien. Alors il me décrivit ce qu’il voyait : « Tout le ciel s’ouvrait, des orchestres jouaient, des chorales chantaient et les ancêtres l’appelaient à venir les rejoindre. » Il ouvrit ses bras. « C’est mon vieux père », dit-il, « ils m’attendent ». Il tomba en avant et je vis qu’il n’avait plus de dos, un éclat d’obus lui avait traversé la poitrine.
Ce genre de chose, ça secoue. Mais ce fut pour moi une expérience mémorable, et malgré le choc, cela m’a donné le courage de faire mon devoir de solda
t. »

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Récit du Soldat 1216 Charles R. Frankish, 10th Lincolns (Grimsby Chums)

« L’attente nous a semblé longue jusqu’à 07h28 quand la mine a sauté. Je me souviens que la terre tremblait comme du jelly. On nous avait dit que ce serait du gâteau d’avancer, car les tranchées seraient détruites et la plupart des troupes tuées, mais nous savions que ce n ‘était pas vrai, puisqu’à plusieurs reprises avant l’assaut nous avions montré nos soldats factices (des tuniques rembourrées de paille, portant des masques à gaz et des casques). La réponse avait été une grêle terrible de tirs de mitrailleuses et de fusils.
Au bout de deux minutes, nous avons quitté les tranchées pour le bourbier du no man ‘s land. Le feu des armes légères et des obus était nourri. Je n’étais pas encore allé bien loin lorsqu’une balle a frappé mon équipement, me faisant tourner comme une toupie, mais je n’étais pas blessé. Pour moi, avancer était d’autant plus pénible que je portais deux mortiers de tranchée dans un sac de sable.
A environ mi-chemin des tranchées allemandes, j’ai ressenti un grand coup à l’avant-bras gauche. Je me suis effondré dans le trou d’obus le plus proche, mon bras totalement inutile, vraisemblablement cassé.
Enfin, j’ai pu atteindre le Poste de Secours d’Ambulance de Campagne n°102, où j’ai profité de mon meilleur sommeil depuis des mois.
 »

En une distance d’attaque de 450m, les Grimsby Chums, partis à 840 hommes, déplorent 500 victimes, dont 180 morts.