La Feste Kaiser Wilhelm II – Fort de Mutzig

Plan de la Feste Kaiser Wilhelm II Mutzig et de la zone visitable

Plan de la Feste Kaiser Wilhelm II et de la zone visitable

Site accessible au public lors des périodes d’ouverture

Texte rédigé à l’aide du document de visite remis sur place

Construit de 1893 à 1916, il s’agit du fort le plus puissant de l’époque, avec 7 000 hommes, 50 bâtiments et 22 canons lourds. Inachevé au déclenchement des hostilités, les travaux se poursuivront durant la première moitié du conflit.
Laboratoire d’expérimentations et prototype des fortifications du XXe siècle, il s’étend sur 254 hectares, dont une grande partie se situe toujours en terrain militaire. Parmi ces expérimentations, on note les premières utilisations du béton, des cuirassements et de l’électrification.
Découvrons ensemble cet ouvrage hors normes.

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Le coffre de contrescarpe

Construit entre 1914 et 1916, en béton armé, il défend le fossé à l’aide de 3 chambres de tir pour mitrailleuses, de projecteurs électriques et de postes d’observation. Il est équipé d’un fossé diamant permettant d’éviter l’obstruction des embrasures de tir par les débris projetés lors des combats.

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Les chambres de tir sont équipées de MG08, à refroidissement à eau, pouvant tirer jusqu’à 500 coups par minute. Le plafond est muni d’une tôle anti-ménisque, protégeant le occupants des chutes de débris en cas de bombardement. Des hamacs pouvaient être fixés afin de loger la troupe en cas d’effondrement de la galerie d’accès.
Au sol se trouvent deux fosses permettant d’évacuer la terre en cas de creusement de galeries de contremine, ce qui permet de continuer les travaux sous le bombardement.

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Le coffre s’ouvre sur une galerie menant à la zone suivante. Elle est percée de galeries de contre-Galerie de contre-minemine, percées par des prisonniers russes en 1916 et inachevées. Elles avaient pour but de contrer les tentatives de destruction de l’ouvrage par explosion de mine (tel que cela a par exemple été le cas à La Chapelotte, à Vauquois, aux Eparges, à La Boisselle et à tant d’autres endroits).

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Passage sous le fossé et galerie ovoïde

Les travaux allemands s’étant arrêtés en 1916, le passage sous le fossé a été achevé entre 1924 et 1928. Ce passage était prévu dès l’origine pour être protégé contre les gaz, comme le montre l’emplacement prévu pour une gaine de ventilation destinée à mettre la galerie en surpression. Ce ne sera jamais le cas car, étant trop éloigné de la frontière après l’armistice, le fort ne sera jamais intégré à la ligne Maginot.

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Dès 1900, l’architecture du fort éclaté est appliquée à Mutzig. Les différents ouvrages sont reliés par des galeries souterraines, dissimulant et protégeant les mouvements des troupes en garnison. Cette galerie est réalisée en blocs de béton préfabriqués, de forme trapézoïdale, en 1914. Sa forme ovoïde permet de résister à la pression lors des bombardements et d’éviter l’effondrement. Elle est équipée de rigoles permettant d’évacuer les eaux d’infiltration, de canalisations d’eau potable, de chemins de câbles électriques et téléphoniques. Les galeries ovoïdes sont équipées de grilles à une de leur extrémité, et de portes blindées avec créneau de tir à celle opposée, permettant de tirer sur d’éventuels assaillants investissant l’ouvrage.

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L’abri d’infanterie n°1 (1900-1910)

Bâti sur deux niveaux, il sera modifié lors de sa modernisation, avec la suppression de certaines portes et des fenêtres donnant sur l’extérieur. Il pouvait abriter 300 hommes en autarcie durant 3 mois. En avant de l’abri se trouvent les tranchées de combat pour l’infanterie.

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Dans cet abri se trouvent des témoins de la modernité du fort : boitier de connexion des câbles électriques, alarme électrique, ventilation, éclairage et lavabo.
Les chambrées permettent de loger 24 hommes, avec des banquettes rabattables permettant de les convertir en banquettes pour prendre les repas.

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Au rez-de-chaussée de l’abri se trouvent deux Fahrpanzer d’observation, cuirassement mobile destiné à être installé sur les parapets. Cette version, développée par Grüsonwerk en 1889, ne sera pas retenue, mais une variante équipée d’un canon à tir rapide de 53 mm sera produite. Elle sera présente en 16 exemplaires sur le fort. Un exemplaire est également visible au Musée Royal de l’Armée et de l’Histoire Militaire de Bruxelles.

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Plus bas se trouve le puits, équipé d’une station de pompage produite par la société Weise & Monski, fonctionnant au diesel. Ce puits pompait 2 000 litres d’eau par heure. Chaque soldat bénéficiait ainsi de 20l d’eau par jour pour satisfaire à ses besoins (contre 5 litres dans les forts français !)

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L’abri d’infanterie n°16 (1913-1915)

Après avoir emprunté une seconde galerie ovoïde, nous débouchons dans l’abri d’infanterie n°16, d’une capacité de 400 hommes. Il est doté d’une usine électrique, d’une boulangerie et d’un hôpital.

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Cette boulangerie est la seule des 6 du fort à avoir conservé ses équipements. Le pétrin électrique permet de préparer 300kg de pâte en 15 minutes. Le four, conçu pour les navires, est alimenté au charbon. La pièce suivante est destinée au stockage du pain cuit.

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Les réservoirs d’eau, de 20 et 30 m3, permettent une semaine d’autonomie aux 800 hommes du secteur. Elles sont isolées des vibrations grâce à l’étroit couloir qui les sépare du bâtiment.

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La centrale électrique est organisée en plusieurs parties :
Un atelier équipé de réservoirs d’air comprimé pour le démarrage des moteurs (tuyaux verts), de pompes pour le circuit d’eau de refroidissement (tuyaux rouges), d’un réservoir d’huile de lubrification et d’un réservoir de diesel de 54 000 litres permettant 3 mois d’approvisionnement. On y trouve également tous les outils nécessaires à la maintenance.

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Une usine électrique équipée de 4 moteurs Deutz MKD142 à démarrage rapide. Is sont refroidis à l’eau préalablement déminéralisée par une station de la société A.L.G. Dehne de Halle an der Saale.
Seuls deux groupes fonctionnaient tandis que les deux autres étaient de réserve.

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L’hôpital est doté d’une unité médicale complète, avec une salle d’opération, deux salles de soin et une salle de bain. Des autoclaves de stérilisation étaient prévus, et le matériel était stockés dans des placards à porte coulissantes. Le carrelage rainuré permet l’évacuation du liquide vers les égouts facilite le nettoyage de la pièce.

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La cuisine permettait de préparer les repas de nuit afin de ne pas dévoiler la position à cause des fumées. Les deux marmites étaient vidées dans le bain marie qui permettait de conserver la chaleur jusqu’à midi.

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Peu après le système de ventilation et la chambre des sous-officiers se trouvent es latrines.

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Les latrines sont équipées d’une fosse septique reliée à un ventilateur-extracteur afin d’évacuer le méthane. L’inscription au mur, d’origine, ordonne de refermer le couvercle après usage afin de permettre le fonctionnement du système. Seuls les officiers disposent d’une porte, afin d’éviter tout problème de la part des soldats (tels que les suicides). Chaque cuvette est prévue pour 25 soldats (contre 75 dans les forts français).

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La salle suivante du parcours présente des modèles réduits de tourelles à éclipses présentes sur le fort. Vous trouverez ci-dessous la transcription du guide.

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Caractéristiques artillerie Feste Kaiser Wilhelm II Mutzig

1/ 6 cm P.T.: Kanone in Verschwindlafette, canon de 57 mm sous tourelle à éclipse, 1893
La tourelle peut être éclipsée grâce à un ingénieux mécanisme de contrepoids pour protéger l’embrasure de tir et tourner à 360°. Ce système ne sera pas pérennisé en fortification allemande, contrairement à la fortification française qui s’est focalisée sur ce principe. Huit exemplaires sont installés à Mutzig (6 au fort Est et 2 au fort Ouest).

6 cm P.T.: Kanone in Verschwindlafette, canon de 57 mm sous tourelle à éclipse, 1893 Feste Kaiser Wilhelm II Mutzig

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2/ 15 cm H.P.T.: Haubitz-Panzerturm, canon de 150 mm, 1893
La tourelle de 150 mm utilise la technologie dite à embrasure minimale. Son seul point faible reste ainsi la bouche du tube et la nécessité d’une ventilation électrique. Elle tourne à 360°. Huit exemplaires sont installés à Mutzig (4 au fort Est et 4 au fort Ouest).

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3/ 10 cm P.T.: Panzerturm, canon de 105 mm sous tourelle cuirassée, 1904
La tourelle de 105mm concrétise le résultat de cette expérimentation : L’éclipse s’est avérée trop couteuse, trop vulnérable, trop complexe et trop limitée pour les performances de tir. Le système dit à embrasure minimale a donc été adopté. L’économie financière procurée par ce système, trois fois moins onéreux que l’éclipse, permet de multiplier le nombre de tourelles et la puissance de tir. Il oblige toutefois à électrifier les batteries pour en assurer la ventilation. Le système est dérivé de celui de l’obusier de 150 mm, mais avec un canon d’une longueur plus importante. La tourelle pivote à 360°. Quatre exemplaires seront construits à Mutzig (batterie 6). Dix autres canons du même calibre ont été installés dans trois batteries provisoires, dont fait partie la batterie 1. Ces tourelles ont servi à tirer les 291 obus du 18 août 1914 enrayant l’avancée française en direction du fort.

10 cm P.T.: Panzerturm, canon de 105 mm sous tourelle cuirassée, 1904 Feste Kaiser Wilhelm II Mutzig

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La salle suivante est dédiée aux moyens d’observation. Vous trouverez ci-dessous la transcription du guide.

Salle des moyens d’observation Feste Kaiser Wilhelm II Mutzig

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1/ PBT94 : Panzer Beobachtungs Turm 1894, (tourelle d’observation modèle 1894)
Cette toute première tourelle d’observation disposait d’une lunette monoculaire fabriquée à lena par la société Zeiss. Elle a été construite à 4 exemplaires uniquement dont 3 pour la Feste de Mutzig. La version 1896 construite elle aussi à très peu d’exemplaires ne sera pas installée à Mutzig, elle était trop couteuse.

PBT94 : Panzer Beobachtungs Turm 1894, (tourelle d’observation modèle 1894) Feste Kaiser Wilhelm II Mutzig

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2/ PBST05 : Panzerbeobachtungsstand 1905, (cloche d’observation modèle 1905)
Cette cloche d’observation remplace le modèle de 1894 et le modèle 1896 pour les nouvelles constructions après les tests qui ont été réalisés avec le prototype installé à la Feste (Oa2). Elle est équipée d’une lunette binoculaire Zeiss nettement plus performante que le monoculaire de 1894.

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3/ Périscope expérimental monoculaire Goerz
Cet instrument a été installé dans l’abri d’infanterie n°8. Il se trouvait encore en place lorsque l’association a démarré son activité. Nous l’avons démonté et nous le présentons dans cette salle. Le grossissement était de 1,5X et 3X.

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4/ Périscope binoculaire expérimental Zeiss
Le périscope de la société Zeiss a été installé dans l’abri d’infanterie n°9 a. Nous avons pu récupérer le support de cet instrument mais l’optique manquait complètement. Son grossissement était de 1,5X et 6X. Nous présentons l’ensemble avec une simulation de l’optique.

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En se dirigeant vers la sortie, nous passons devant une chambre de sous-officier équipée d’une alimentation électrique pour les projecteurs de tranchée et d’un créneau de tir pour défendre l’entrée. Puis c’est la salle des mitrailleuses disposant d’un créneau de tir et de support pour les chargettes des bandes.

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La tranchée de tir S16

Cette tranchée est une des 16 existant au fort, pour un développement linéaire de 6 km. Toutes identiques, elles disposent de parapets pour l’infanterie, de guérites escargot en tôle zinguée, d’emplacements bétonnés pour Fahrpanzer.

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L’observatoire d’artillerie n°1

Il s’agit d’un observatoire de 30 cm d’épaisseur, pesant 19 tonnes. Il était prévu pour l’observation par lunette binoculaire en direction du Krontal, point de passage de la route Saverne-Strasbourg. Les flèches de la cathédrale de Strasbourg étaient visibles depuis cette position.

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La batterie d’artillerie N°1

De type Schirmlafette, elle a été construite entre 1899 et 1900. Elle dispose de son propre casernement, d’un observatoire, de soutes à munitions, et est totalement autonome. Chaque tourelle, manœuvrée par 25 artilleurs, pouvait pivoter à 360°, la hausse se réglant de -5° à +35°.
Le 18 août 1914, cette batterie tirera 64 des 291 obus envoyés sur les troupes françaises, dans la vallée de la Bruche. Une contre-offensive les repoussera sur le massif du Donon. Le fort se limitera ensuite à un rôle dissuasif.

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