Le canon de Duzey

Canon de Duzey

Site accessible librement

Texte réalisé d’après les panneaux de présentation du site.

Ce Lange Max installé dans le bois de Warphemont, près de Duzey, et du même type que celui installé à Hampont, ayant tiré sur Nancy, ou que celui de Koekelare, dans les Flandres, qui tirait sur Dunkerque.

D’un calibre de 380 millimètres, ce canon repose dans un encuvement en béton. Le site comprends soutes à munitions, poste de commandement, ateliers de préparation des obus et de chargement des gargousses. Ces ateliers sont installés dans 2 tunnels parallèles longs d’environ 80 mètres.

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A l’origine prévus pour équiper un cuirassé allemand resté inachevé, les Lange Max ce sont des canons de Marine bénéficiant d’une très longue portée. Leur installation nécessite cependant la création d’une plateforme spécifique reproduisant la configuration du navire pour lesquels ils étaient prévus. Le tube du canon est aménagé sur une poutre-affût mécanique, fixée sur un pivot. Ce dispositif permet l’orientation latérale et en hauteur de la pièce.
Les manœuvres sont réduites au maximum : la culasse de la pièce pèse en effet plus de 2 tonnes, et l’obus 750 kilos. Le tube pèse quant à lui 220 tonnes, et la charge de poudre est de 120 kilos pour un tir à 25 km, 183 kilos pour un tir à 35 km. Les obus et gargousses sont donc emmenés par wagonnet jusqu’à la pièce.
De même, compte tenu des spécificités de cette pièce, la manœuvre est réalisée par une section spécialement créée comprenant 3 officiers et 70 artilleurs de Marine, le « Marine Sonder Kommando N°1 », commandé par le Capitaine de Corvette Schulte.

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Un point très intéressant de la visite concerne les informations mises à disposition sur le camouflage du tube. On y apprend en effet que le béton était peint de grosses taches vertes permettant de le dissimuler dans son environnement forestier. De même, le canon est masqué avec un filet guidé par un rail, qui se referme dès que le tir cesse. Des filets étaient tendus au-dessus de la pièce, sur lesquels était disposé du feuillage et des lambeaux de tissu. Lors des tirs, des leurres reproduisant la fumée, le son ou la flamme du canon était activés. Enfin, les tirs de réglage étaient effectués par temps de brouillard, ce qui permettait de rendre le son diffus. Ces dispositifs étaient nécessaires compte tenu de la déflagration de la pièce entendue à des dizaines de kilomètres, et de la flamme produite par le tir qui atteignait une longueur de 15 mètres !
Enfin, plusieurs paratonnerres était fiché dans les arbres autour de la pièce pour la protéger de la foudre. On imagine assez aisément l’accident qui aurait pu se produire si celle-ci venait à frapper une gargousse ou un magasin à poudre.

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Un canon est disposé à l’entrée du site cette pièce n’est pas un Lange Max (canon de 38 cm mle 1913), aucun d’entre eux n’étant parvenu jusqu’à nous (le dernier survivant était celui de Koekelare, il a été ferraillé lors de la 2nde guerre mondiale par l’organisation Todt). Il s’agit d’un canon de marine français, de calibre 305 mm mle 1906-10, mis à disposition par le Ministère de la Défense. Cette pièce a des caractéristiques assez proches de celle du canon qui équipait l’encuvement.

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Le recours à des pièces de Marine par les artilleries terrestres remonte à 1914 pour les Allemands, 1915 pour les Français. Grâce à ces pièces, la portée de tir des canons a été largement augmentée, entre 15 et 45 km, ce qui n’était pas possible au début du conflit.

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