Le Mark IV Deborah

Mark IV Flesquières

Musée

Le char Mark IV

Au total, 1220 Mark IV ont été produits en version « Mâle », « Femelle » et char d’assistance.
Les « Mâle » sont équipés de larges casemates latérales dotées chacune d’un canon de calibre 57mm et d’une mitrailleuse de type Lewis, une autre étant placée dans la cabine de pilotage. Il emporte au total 2 canons et 3 mitrailleuses pour 332 obus et 5640 cartouches transportés. Les casemates du char « Femelle » accueillent 4 mitrailleuses. Une Lewis est aussi positionnée dans la cabine avant. Le char emmène 12 972 cartouches. L’épaisseur du blindage varie de 6 à 12 mm.
Pour le transport, les casemates latérales du Mark IV peuvent être repliées à l’intérieur alors qu’auparavant il fallait les déboulonner puis les treuiller pour les désolidariser du char.
L’échappement n’est plus à l’air libre. Un collecteur fait office de silencieux.
Une poutre « anti-enlisement » est installée à l’arrière sur la partie supérieure du tank. Si celui-ci vient à s’enliser, l’équipage peut accrocher la poutre à l’aide de chaines à chacune des chenilles. Une fois en mouvement la poutre est entrainée sous le char lui permettant ainsi de s’extraire de sa position difficile.
À Cambrai, pour traverser les larges tranchées, le tank utilise une fascine, sorte de fagot de branchages d’un poids de 1,5 tonne. Il est placé sur le dessus de la cabine pour être largué avant la manœuvre de franchissement. À l’arrière du tank, le réservoir d’une capacité de 318 litres alimente un moteur 6 cylindres Daimler de 13 litres placé au centre de l’habitacle. Sa puissance était de 105 chevaux à 1000 tours par minute.
Des « spuds », sorte de crampons métalliques en forme d’ancre, pouvaient être fixés aux chenilles pour une meilleure adhérence dans les terrains gras. En temps normal, cet équipement était rangé dans un casier placé sur la partie supérieure à l’arrière du char.
Le premier engagement des Mark IV a lieu à Messines le 7 Juin 1917 mais c’est à Cambrai qu’ils s’illustrent.

Retranscription d’un panneau de l’exposition

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Situé à Flesquières, non loin de Cambrais, le musée consacré au Mark IV « Deborah » (D51) est un site incontournable pour tout passionné de char. Exposé dans un bâtiment semi enterré, le char est préservé des outrages du temps et du climat dans un cadre évoquant les bunkers de la ligne Hindenburg.
Ce Mark IV femelle a beau être partiellement détruit, il offre un aperçu inestimable de la conception de ce type de véhicule. En effet, les dégâts occasionnés par les combats permettent de voir le moteur, les systèmes de chenille, engrenages et autres mécanismes, ce qui ne serait pas possible avec un véhicule intact.

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Participant à la bataille de Cambrai le 20 novembre 1917, Deborah fait partie des 476 chars lancés dans la première attaque massive avec ce type de véhicules. Jerôme Vaillant et Philippe Gorczynski, de l’association du tank de Flesquières, racontent son périple :

L’histoire de ce char est entremêlée à celle de la bataille de Cambrai, qui s’est déroulée en novembre 1917 sur les terres du nord.  Le matin du 20 novembre, « Deborah » quitte la localité de Trescault, dans la deuxième vague de chars. Après avoir traversé le « Grand Ravin », le char parvient sur la crête de Flesquières. L’équipage y découvre une hécatombe, une quinzaine de chars ont été détruits par l’artillerie allemande. Le char entre dans le village qui semble désert, descend l’actuelle rue du Moulin, et tourne à droite sur la rue du Calvaire. Environ 200 mètres avant l’emplacement du musée, le char reçoit plusieurs coups de canons sur le flanc gauche. Quatre membres de l’équipage meurent sur le coup. Les quatre survivants évacuent et retournent vers les lignes britanniques, un blessé décède sur le trajet retour. L’épave reste sur place après la capture du village, et les corps sont enterrés dans un cimetière provisoire un peu plus loin.

Source : https://theatrum-belli.com, propos recueillis par Camille Harlé Vargas

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Retrouvé en 1998, grâce à la ténacité de Philippe Gorczynski, qui s’est basé sur un témoignage et des archives de guerre, Deborah est exhumée le 20 novembre 1998, jour anniversaire de sa destruction lors de la bataille de Cambrai. Exposé jusqu’en 2017 dans une grange du village marquée par les combats, il est désormais soigneusement conservé dans un centre d’interprétation rappelant un bunker, dont la sobriété renforce la mise en valeur du char. Des objets retrouvés dans l’épave ou issus de collections personnelles viennent agrémenter le parcours de visite.

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