Mise hors de service des bouches à feu

155 de Bange saboté

Source de l’image de couverture : Flickr, Peter Bull

CHAPITRE VII. MISE HORS DE SERVICE DES BOUCHES A FEU.

343. Suivant que l’on abandonne momentanément des pièces ou que l’on a perdu tout espoir d’en redevenir maître, les procédés à employer sont différents. Le temps dont on dispose doit être également pris en considération.
Pour mettre des pièces hors d’état de servir sans les détruire, emporter la vis de culasse où les parties sans lesquelles elle ne peut fonctionner. Si l’on ne peut retirer la vis de culasse, fausser les filets en les frappant avec un marteau ou avec le culot d’un obus.

Pour mettre des pièces entièrement hors de service, fausser le système de fermeture, dégrader profondément les filets de l’écrou, les obturateurs, en frappant avec une hachette, une pioche ou un marteau ; faire des bavures sur les parties ajustées glissant les unes sur les autres.
On peut aussi faire éclater les pièces : il suffit, pour cela, avant de mettre le feu, d’introduire des corps étrangers (sable, cailloux, objets divers) contre l’avant du projectile au moyen d’un coup de refouloir, ou de fermer complètement la bouche de la pièce, en la mettant contre la terre, par exemple. La mise de feu se fait alors au long cordeau, le tireur s’abritant, derrière un couvert naturel (traverse par exemple), contre les projections.
Ces précautions, suffisantes lorsque le projectile introduit dans l’âme de la pièce ne contient que de la poudre, cesseraient de l’être si ce projectile était chargé en explosif. Dans le cas où les pièces à détruire ne seraient approvisionnées qu’en obus explosifs, le procédé de rupture indiqué ne pourrait être employé sans danger pour le personnel, à moins que l’on ne dispose d’abris à l’épreuve ou de l’outillage nécessaire pour mettre le feu à très grande distance.

Emploi de la mélinite. – La mélinite donne un moyen simple et rapide de mettre hors de service les bouches à feu.
Pour rendre une bouche à feu temporairement inutilisable, ouvrir la culasse, placer à l’intérieur un pétard appuyé verticalement contre la charnière, refermer incomplètement la culasse, de façon à maintenir le pétard ; mettre le feu.
Pour mettre une bouche à feu complètement hors de service, introduire par la bouche un paquet de 5 pétards, le disposer de manière qu’il soit un peu en avant des tourillons. Préparer un second paquet de 5 pétards contenant un pétard amorcé ; avoir soin de fixer solidement l’amorce dans son logement. Introduire ce second paquet, l’amorce se trouvant du côté de la bouche ; pousser les pétards jusqu’à ce qu’ils soient en contact avec ceux du premier paquet. Il suffit d’une charge totale de 5 pétards pour mettre hors de service jj les bouches à feu de petit calibre (80, 90, 95).
Fermer, si c’est possible, la bouche de la pièce avec un tampon en argile ou en gazon, en évitant d’exercer une traction sur la mèche du détonateur.
Le feu mis, se mettre à l’abri des projections.

Il est bon, si on en a le temps et les moyens, de recouvrir auparavant la pièce avec une couche épaisse de fascines, de manière à éviter les projections. Sinon, employer, pour l’amorçage, une longueur de mèche suffisante pour qu’il soit possible de s’éloigner de 500 mètres environ dans la direction de l’axe de la pièce. Dans le cas où la pièce n’aurait pu être disposée de façon à permettre au personnel de s’écarter dans la direction de la bouche, il serait prudent de baisser à fond la culasse avant la mise de feu.


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